Une invitation à prendre le large...

jeudi 18 octobre 2007

On déménage!!

On dirait qu'il n'y a pas juste moi qui ai déménagé, il y a aussi mon blog qui change d'adresse! Ou pour être plus précise, Oli et moi avons maintenant un blog commun où nous allons relater nos aventures et exposer les photos de nos petits voyages à travers le Mexique... pour tous les détails et anecdotes croustillantes, rendez-vous sur www.meanttobe.canalblog.com !

J'en profite pour remercier tous ceux qui me suivent depuis le début de cette aventure et qui m'appuient avec leurs commentaires... ça fait toujours très chaud au coeur!!

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jeudi 11 octobre 2007

Un deuxième weekend à Cuetzalan...

Ça semble être dans mes habitudes, quand je me rends à un nouvel endroit, d'y aller pour deux fins de semaine de suite! Mais cette fois, c'était pour une bonne cause, et surtout, en bonne compagnie... je suis retournée à Cuetzalan avec pas moins de 13 compagnons de classe!! Pauvre maman de Yolotzin - qui nous a tous accueillis chez elle - qui nous a vus entrer dans son salon, un après l'autre, l'air un peu découragé, avec les sacs à dos, les tentes et les sacs de couchage...

Pour souligner notre arrivée dans son village, Yolo nous a emmenés déguster des toritos, ces cocktails préparés à base de l'alcool local, qui lui-même est offert en une multitude de saveurs, allant de la noix de coco au café, en passant par le fruit de la passion, la vanille, etc. Ensuite, la fatigue l'emportant sur le reste, nous sommes retournés à la maison, où je me suis endormie comme un bébé... mais les autres, apparemment, ont passé une nuit blanche... pas l'idéal, compte tenu du programme pour la journée suivante: une excursion aux grottes qui font la réputation de la région. Après avoir attendu longtemps notre guide qui ne s'est jamais montré (c'est notre faute... nous sommes arrivés en retard! oups), nous sommes partis avec le frère de Yolotzin, qui connaît le coin. Nous avons marché longtemps au milieu de la végétation qui ressemblait à la jungle, avec quand même un peu d'humidité en moins... pour finalement arriver aux fameuses grottes! Malheureusement, comme nous n'avions que deux lampes de poches pour une quinzaine de personnes, c'était trop risqué de s'aventurer à l'intérieur...

En fin de journée, nous sommes partis - cette fois avec tout notre tralala! - en direction de la chute de Las Brisas, en pleine nature, où nous avons fait du camping sauvage! Avec le bruit assourdissant de l'eau qui coule et notre feu (dont j'ai été chargée d'allumer - "ça sait faire ça, une Canadienne"), la soirée était parfaite... à peine un peu de pluie, qui n'a même pas mouillé nos sacs de couchage! Pour souper, nous avions le choix entre du riz et du thon, ou du Nutella... mes compagnons ont voté haut la main pour manger le Nutella et garder le riz et le thon pour déjeuner le lendemain matin... Allez y comprendre quelque chose!!

Ces moments passés en compagnie des étudiants m'ont permis non seulement de mieux les connaître, mais aussi de constater encore une fois à quel point ils sont unis... et attachants! Je me suis fait baptiser elotito ("petit maïs"), à cause de mes cheveux qui, supposément, sont de la même couleur que les cheveux de l'épi de maïs... (allez, faites un effort, un peu d'imagination!! hihi)...

Et lundi, de retour à Puebla... opération déménagement. Je vis maintenant dans un petit appartement tout mignon sur le toit de mon édifice. Pourquoi? Parce que mardi, Oli, mon amoureux, est arrivé. Eh oui! Après tout ce temps chacun de notre côté, lui à Valence, puis moi en Amérique centrale, nous voici enfin réunis... et heureux de l'être. Nous partons dans quelques heures pour la côte pacifique, où nous comptons faire le plein de chaleur et de soleil... c'est surtout pas pour vous écoeurer, mais... BONNE FIN DE SEMAINE!!! :)

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mardi 2 octobre 2007

Un autre Mexique...

Ma fin de semaine a Cuetzalan, dans la Sierra Norte, a 4 heures dautobus de Puebla, ma laisse en tete plein de souvenirs dun autre Mexique que je commence a peine a decouvrir... grâce a Yolotzin, une compagne de classe originaire de la region, qui ma invitee chez elle.

Souvenirs du petit village de San Miguel, pres de Cuetzalan, ou on celebrait samedi la fete du saint patron... des dizaines de danseurs, pour la plupart des jeunes, qui executent des pas en memoire de certains evenements de lhistoire ou de personnages religieux importants... le tout toujours tres colore... souvenirs des voladores, ces hommes qui grimpent au haut dun poteau plus haut que le clocher de leglise, et qui se lancent en bas, attaches par les pieds, en decrivant de grandes boucles autour de la place principale...

Les habitants du village. Vision qui donne limpression dune authenticite encore presente, intacte. Les hommes vetus dune chemise blanche et dun pantalon blanc attache aux chevilles, chausses de vieilles sandales de cuir usees, et coiffes dun chapeau de paille beige. Les femmes portant une jupe blanche, une blouse blanche au collet brode et les cheveux releves tout autour de la tete. Et les enfants... existe-il quelque chose de plus beau au monde que les enfants?

En fin dapres-midi, Yolotzin et moi quittons le centre du village et allons nous ballader dans les environs. Nous tombons sur quelques orangers, desquels nous prenons plaisir a cueillir des fruits et a nous en gaver... les oranges sont tellement meilleures lorsque nous venons a peine de les cueillir... et en pleine nature en plus! Lespace de quelques instants, je renoue avec quelque chose qui me manque beaucoup et dont jai un besoin vital: la nature. Elle est toujours la, presente, quelque part, pas trop loin, et pourtant, depuis mon arrivee a Puebla, tout ce que je vois, cest la ville, la ville, la ville.

Pour une des premieres fois - sinon la premiere fois - , je peux gouter a la cuisine familiale mexicaine. Pas de la cuisine de resto. Pour dejeuner, la mere de Yolotzin nous sert un morceau de poulet dans une sauce aux courgettes, que lon deguste avec des tortillas de maïs. Pour diner, sa grand-mere nous offre un morceau de poulet dans du mole, une epaisse sauce brune qui compte plus dune trentaine dingredients (dont des epices et du chocolat), accompagne de tortillas . Pour souper, sa tante remplit nos bols de sauce au sesame avec un morceau de poulet et les sempiternelles tortillas. Repetitif, le menu? Ok. Mais delicieux.

Dimanche, nous restons a Cuetzalan. Cest la journee du tianguis, le marche hebdomadaire ou lon trouve de tout, des fruits et legumes au poulet (qui reste a lair libre sur les tables), en passant par les chaudrons, les jeans et les habits traditionnels. Un joyeux melange dodeurs, de couleurs et de bruits qui me seduisent. Pas de touristes en vue. La mere de Yolo nous demande daller faire quelques courses. Je suis enchantee.

Ma compagne veut memmener visiter le site archeologique de Yohualichan, a environ huit kilometres de Cuetzalan. Nous y allons a pieds, profitant de la chaleur. La region est beaucoup plus basse en altitude que Puebla et lhumidite est omnipresente. Apres plus dune heure, le front degoulinant de sueur et les pantalons pleins de boue, nous parvenons enfin aux portes du site, qui sont fermees depuis une quinzaine de minutes. Pas de chance. Nous nous asseyons dans le parc den face et degustons la collation que nous avons achetee en chemin: des tamales et des tlayoyos. Les premiers sont composes de pâte de maïs et de haricots, le tout emballe dans une feuille de bananier. Les deuxiemes sont des petites tortillas de maïs fourrees avec un legume dont je nai pas encore trouve le nom en francais. Plusieurs villageois en habits traditionnels passent pres et nous lancent le salut typique, niao, auquel, selon la coutume, nous repondons simplement bueno. Soudainement, un homme de toute evidence tres soul, qui tient a peine debout, sarrete a nos cotes et emet quelques sons. Yolo et moi baissons la tete et regardons ailleurs, importunees par cette presence. Lhomme ne bouge pas dun poil pendant quelques secondes, puis parle un peu en nahuatl et sen va, lair assez contrarie. Nous finissons par deduire quil nous a probablement salue du niao et nous navons pas repondu. Oups.

Je metonne quand meme de voir des hommes souls un dimanche, qui, dans ce pays tres catholique, se veut le jour du Seigneur. Yolotzin mexplique alors quau temps de la Conquete, il y a quelques siecles, les Espagnols ont completement asservi les indigenes et les traitaient comme des bêtes du lundi au samedi, sans relâche, les laissant libres uniquement le dimanche. Les indigenes auraient alors developpe lhabitude de se souler (avec lalcool apporte par les Espagnols, cela va de soi, car il etait inconnu avant la Conquete) le dimanche pour tenter doublier les mauvais traitements et les abus dont ils etaient victimes. La coutume aurait traverse les siecles et, selon mon amie, cest tres commun de trouver des gens completement ivres dans les petits villages mexicains les dimanches...

Quest-ce quils ont pu faire de dommages, en debarquant en Amerique, ces Europeens.

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vendredi 28 septembre 2007

Ca tu pas dallure...

Comme il se passe pas grand-chose de neuf ces temps-ci, ben, jvous publie mes "meilleures" photos...!!

gogNon mais... yont pas dallure ces Europeens!!!gog2

(Cecilie: eso, mas o menos, quiere decir que estan locos esos Europeos... :)

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lundi 24 septembre 2007

PHOTO DE LA SEMAINE!!

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Ma photo preferee des derniers jours:

A six dans une de ces petites coccinelles a lancienne qui pululent par ici.

Pas de doute. Au Mexique, yen a pas dprobleme.

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lundi 17 septembre 2007

¡ VIVA MÉXICO !

Le weekend des forces de lordre, du peuple et des armes...

Cette fin de semaine, le Mexique tout entier a célébré ses 197 ans dindépendance. Ne voulant rien manquer des festivités, Cecilie, Noémie et moi sommes retournées dans la capitale pour voir comment les Mexicains soulignent leur fête nationale et ce, en dépit de toutes les mises en garde que nous avons reçues...

Samedi 15 septembre, la veille de lindépendance. Après un bon petit déjeuner de tamales de mole, nous arrivons sur le zócalo et, stupéfaites, tombons face à face avec lescouade anti-émeute. Rassurant! Il y a des dizaines et des dizaines de policiers dans les rues voisines (policiers pas très professionnels, dailleurs, qui nous regardent, les filles et moi, comme si nous étions des morceaux de viande). Nous profitons du ciel dégagé pour monter au 44e étage de la Tour Latino-américaine, le cinquième édifice en hauteur de la ville, doù nous avons une bonne idée de ce que signifie "la plus grande ville du monde"... le DF sétend à perte de vue dans la vallée, ne semblant sarrêter quaux montagnes, à des kilomètres et des kilomètres!

Après une sieste bien méritée chez Hector et Elvia, nous repartons en direction du centre. La station de métro du zócalo est fermée, il nous faut donc marcher un peu. Les avenues sont bondées de vendeurs de tous les cossins imaginables aux couleurs du drapeau national. Les gens crient, chantent, soufflent dans leurs trompettes et lancent des confettis dans une cacophonie épouvantable qui fait pourtant plaisir à entendre. La ville est en effervescence. Lorsque nous atteignons finalement le zócalo, peu après 20h, nous trouvons une foule pas encore trop dense. Nous voilà rassurées... Les Mexicains à qui nous avions communiqué notre intention daller festoyer sur le zócalo nous avaient tous béni (!) en affirmant que cétait extrêmement dangereux... "Cest les pires gens de la ville qui se ramassent là le 15 septembre!!". Par précaution, les filles et moi avons caché nos précieux pesos dans nos bas et notre soutien-gorge et laissé tous nos objets de valeur à la maison... sauf une caméra, évidemment! (Me voyez-vous assister à un tel évènement sans appareil photo?!)

Ça nous prend un certain temps à comprendre que les deux scènes qui ont été montées de chaque côté de la place sont occupées par des "partis" distincts: la plus grande pour les festivités officielles et lautre pour lopposition! Pour la petite histoire, on dit que Felipe Calderón, lactuel président du Mexique, a littéralement volé les élections de 2006, et que le titre de président reviendrait légitimement à son opposant, Obrador. Nous avons donc droit à deux spectacles en simultané, pendant que la foule devient de plus en plus compacte. Sur les deux scènes, discours, mariachis et danses traditionnelles sensuivent jusquà 23h. Le moment tant attendu se présente enfin: lheure du grito ("le cri"), lancé dans toutes les villes du Mexique par les maires ou les gouverneurs. À México, cest traditionnellement le président qui sen charge, mais les rumeurs disent que Calderón, effrayé par la vitalité de lopposition (souvenez-vous que cest un fraudeur!), a quitté la capitale et va lancer le grito dans une autre ville. Eh bien, il semble que le président ait retrouvé ses couilles, car il se pointe en personne sur le balcon du Palais National et entame le célèbre discours: "Vive México! Vive les héros qui nous ont donné patrie et liberté! Vive Hidalgo! Vive Morelos! Vive Josefa Ortiz de Domínguez! Vive Allende! Vive Aldama et Matamoros! Vive notre indépendance!" et il termine, en choeur avec la foule, par quelques "Viva México!" supplémentaires qui déclenchent un formidable feu dartifice devant la cathédrale. Des dizaines de fusées vertes, blanches et rouges déchirent lobscurité de la nuit et explosent au-dessus de nos têtes pendant de longues minutes, jusquà ce que la cathédrale disparaisse complètement sous la fumée opaque. Le spectacle est terminé, mais on est loin dêtre sorties de là. Des milliers de personnes essaient de sortir du zócalo en même temps. Nous navons pas le choix de nous laisser porter par cette dangereuse marée humaine. Nous remarquons lescouade de nettoyage, balai à la main, qui tente de se frayer un chemin... à voir létat des rues, ils ont du pain sur la planche!

Dimanche 16 septembre, journée de lindépendance. Loccasion est soulignée par un gigantesque défilé militaire dans le centre. Nous arrions tôt mais les rues sont déjà noires de monde. Larmée met le paquet: en plus de toutes les divisions imaginables (marine, infanterie, école militaire, infirmières et je ne sais plus qui dautre), nous voyons des tanks, des chevaux, des motos, des jets, des hélicoptères... Je nai jamais eu autant darmes sous les yeux de toute ma vie et même si je déteste ce quelles représentent, javoue que je suis impressionnée.

Les filles et moi passons le reste de la journée à Xochimilco, au sud de la capitale, dans une agréable barque qui nous promène sur des canaux entre les vendeurs de fleurs, de bière et de tissus... les canaux sont encombrés dû à la quantité de gens présents mais le tableau coloré me réjouit. Les photos arrivent bientôt!!

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vendredi 14 septembre 2007

Petite incursion dans le monde dun anthropologue...

Hier, dans notre cours de Culture et Globalisation, qui sannoncait assez penible merci, la prof a largement derive du sujet et a commence a nous raconter son experience personnelle en tant quanthropologue. Jai trouve ses histoires tellement attendrissantes et fascinantes à la fois que jai decide de vous en raconter une ici, celle dun jeune indigène que lon appellera le Chavito (le ptit gars).

Chavito vit dans la sierra (les montagnes). Il a aujourdhui 17 ans, et en avait environ 13 au moment où ces anecdotes se sont produites (encore là, son âge est une approximation, car les gens se melangent souvent avec les annees...). Le jeune est voue à un destin bien special: celui de curandero (guerisseur). Les signes le montrent depuis quil etait encore un foetus dans le ventre de sa mère. Dans son enfance, il avait des rêves dans lesquels il volait. Depuis lâge de huit ans, il peut raconter toutes les histoires du village, comme le font les anciens. Ses deux parrains et son grand-père sont aussi guerisseurs.

Comme le veut la tradition, la mère de lenfant "choisi" cache le plus longtemps possible ces signes et garde espoir que son fils ira à la ville pour etudier et faire carrière. Il vient par contre un moment où elle ne peut plus jouer la comedie, et cest a ce moment que lenfant doit accepter ou refuser son don. Sil le refuse, il est destine a mourir sous peu. Et sil accepte, une longue attente commence pour lui: lattente dun rêve, vers lâge de 40-45 ans, à travers lequel les "forces superieures" lui transmettront la "matière" dont il aura besoin pour pouvoir guerir. Dici là, le Chavito na que trois capacites: parler, voir et rêver.

Laura, notre prof anthropologue, a ete invitee a la ceremonie pendant laquelle Chavito accepte son don. La pratique veut que les gens presents se fassent faire une croix de sang sur la main, en commencant par le plus jeune et en terminant par laîne. Situation frequente chez les anthropologues sur le terrain, Laura a passe avant le petit garcon de cinq ans... cela sexplique par le fait que malgre son âge (dans la trentaine), elle est consideree par les gens du village comme une enfant a cause de sa meconnaissance des traditions, de la langue, des facons de faire...

Toujours est-il que Chavito souffre dune infection a loeil, que personne au village nest en mesure de guerir. Laura offre donc a ses parents de lemmener a Mexico City, où elle vit, pour consulter un specialiste. En route, Chavito, qui nest jamais sorti de son hameau, demande:
- Laura, là où on va, on va voir Rambo?
- Non... Rambo vit à Philadelphie...
Chavito avait associe Rambo à la ville, nimporte laquelle, mais la grande ville. Une fois à Mexico, il demande à Laura de lemmener voir la Vierge de Guadalupe, la sainte la plus veneree du pays, dont la basilique, qui fait chaque annee lobjet dun pèlerinage monstre, se trouve dans le nord de la capitale. Une fois devant la peinture qui represente la sainte, Chavito continue:
- Non, Laura, emmène-moi voir la Vierge.
- Mais cest la Vierge!
- Non, ce nest pas une statue, ca ne peut pas être la Vierge, tu me mens!
Pauvre Laura. Chavito ne peut pas concevoir quune sainte puisse être une sainte sans necessairement être representee en trois dimensions.
- Je veux voir le Templo Mayor, où ont vecu les Mexicas!
Les Mexicas, ou les azteques, ont regne sur lancienne Tenochtitlan avant larrivee des Espagnols, et aujourdhui, on peut visiter les ruines de quelques edifices. Arrive devant les ruines, Chavito, encore une fois, narrive pas à accepter que cest bel et bien le Templo Mayor.
- Dans mon livre decole, le temple est complet, entier, il  nest pas en ruines!
Il narrive pas a simaginer que ce qui est represente dans son livre est une reconstruction, et que la cite a ete detruite par les Espagnols.

Ne sachant plus ou lemmener, Laura lui fait faire la visite dun musee pour enfants tres repute. Un groupe de jeunes est attroupe autour dun coeur de vache. Chavito se joint a eux. Un animateur pose la question aux enfants:
- Quest-ce qui se trouve a linterieur du coeur?
Et Chavito repond:
- L'âme.

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lundi 10 septembre 2007

Un weekend dans la ville de la démesure...

Mexico City. Facile de comprendre pourquoi le Distrito Federal (DF) est surnommé "le défectueux" par les Mexicains. Mexico City, une des villes les plus peuplées de la planète avec ses 22 millions dhabitants répartis dans 350 quartiers. Mexico City qui sétend sur 60 kilomètres du nord au sud et 40 kilomètres de lest à louest, et qui ne cesse pour autant de sagrandir. Mexico City, ville du crime par excellence avec une moyenne de 4 enlèvements, 84 vols de voiture et 55 agressions par jour. Ville du smog et de la pollution, également...

Notre visite dans la capitale mexicaine commence au musée dAnthropologie, un des plus reconnus du monde - et avec raison. Les diverses salles dexposition regorgent dobjets et dartefacts provenant de tous les coins du Mexique et témoignent de limmense richesse culturelle et historique du pays. Je mextasie devant loriginalité et la diversité des sculptures et des figurines, que javais déjà commencé à apprécier depuis ma visite de Chichén Itza, en juin. Les peuples précolombiens de Mésoamérique ont eu, au fil des siècles, tellement de façons différentes de se représenter les humains, les animaux et leurs dieux!

En fin daprès-midi, Noémie et moi nous rendons sur le zócalo, la plaza principale de México, et découvrons les décorations qui ont été installées en prévision de la fête de lindépendance, qui aura lieu la fin de semaine prochaine. Un immense drapeau vert-blanc-rouge couvre tout un pan du zócalo. Un peu partout se trouvent de gigantesques visages, représentant les acteurs les plus importants de cette lutte pour la libération du Mexique vis-à-vis lEspagne. À la tombée de la nuit, toutes ces décorations sallument sous notre regard enchanté et offrent un cadre des plus agréables pour une promenade entre les dizaines de vendeurs dartisanat et les kiosques à hot-dogs.

Samedi, Noémie et moi prenons le métro (le troisième plus grand au monde... plus très jeune, mais encore efficace) et allons à Coyoacán, qui était auparavant un village à part entière mais qui se trouve aujourdhui en pleine ville, dû à la progression tentaculaire du centre urbain dans les dernières décennies. À la sortie du métro, cest le choc: on ne se croit plus du tout à Mexico! Cest tranquille (bon… tout est relatif…), cest plein darbres et, qui plus est, on tombe sur un marché sympathique et sur des musiciens de rue qui font mon bonheur. Non sans avoir délesté mon porte-monnaie de quelques centaines de pesos, nous repartons ensuite vers le quartier de Polanco, où nous avons rendez-vous avec le charmant couple de couch surfers qui nous hébergera la nuit suivante. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec Couch Surfing, il sagit dun réseau de gens qui mettent à la disposition des voyageurs de passage un lit, un matelas ou un divan pour quelques nuits. Hector et Elvia nous réservent un accueil des plus chaleureux et nous mettent tout de suite à laise dans leur petit appartement. Ils nous invitent à les accompagner au cinéma, dans un nouveau centre commercial pas trop loin. Le cinéma est à limage des boutiques, cest-à-dire très, très luxueux… Fauteuils en cuir inclinables avec repose-pieds, tablette et lampe individuelles, couverture, le tout pour moins cher que le prix dune projection au Québec!

Après le film, nos hôtes nous emmènent au Worka, supposément la plus grande discothèque du pays. Il faut pour cela emprunter le periférico, qui, comme son nom lindique, est un boulevard circulaire qui parcourt la périphérie de la capitale. Hector nous apprend quil y a environ cinq ans, un politicien a initié la construction dun deuxième et dun troisième étage à ce fameux boulevard, dans le but datténuer les surencombrements (vous imaginez lheure de pointe dans une ville de cette taille?! Ça représente quotidiennement des millions de véhicules!). Belle initiative de la part de cet homme, qui a pourtant omis un “détail”: les zones jouxtant le periférico sont à ce point densément urbanisées quil ny a pas de place où construire les sorties dautoroute… Les véhicules qui empruntent les étages supérieurs sont donc contraints de rouler jusquà la fin du boulevard pour en sortir. Croyez-le ou non, ce non-sens mexicain a coûté jusquà présent plus de 5 milliards de dollars (pas de pesos! De DOLLARS!) et est encore loin dêtre terminé…

Trêve de corruptionneries, revenons au Worka! Dabord, je crois que leffet de grandeur est plus dû à son immense plafond en dôme quà sa réelle superficie… mais quelle ambiance!! Cumbia, reggaeton, banda, pop, rock, dance, techno, même Shania Twain y passe et nous invite à nous trémousser sur la piste de danse. Entretemps, notre serveur à lair “nerds” en complet rouge nous apporte la bouteille quHector a commandée (ici, ça semble revenir meilleur marché que dacheter des drinks individuels) et nous sert des bons petits verres de rhum au coco. Régulièrement, dautres serveurs viennent essuyer la table et remplir nos verres. On est bien loin des serveuses pitounes au sourire forcé des clubs montréalais!

À la fin de la soirée, comme semble le vouloir la tradition, nous allons manger des tacos qui, cette fois, ne me rendent pas malade…!

Dimanche midi, Hector et Elvia nous emmènent au Polar, qui a la réputation de servir les meilleures birrias du pays. Noémie et moi découvrons ce mets délicieux les larmes aux yeux (cest que cest piquant!!): de la viande dagneau des plus tendres, qui baigne dans un bouillon savoureux et que lon déguste avec des tortillas et de lavocat. Nos hôtes insistent encore une fois pour régler laddition, nous assurant quils le font de bon coeur. Je me promets de leur rendre la pareille, un jour, à grands coups de crêpes au sirop dérable!!

Après quelques heures passées dans le centre (sur la terrasse du Sears, entre autres, doù on a une vue partielle de la ville et une vue complète sur le magnifique Palacio de Bellas Artes), il est déjà temps pour Noémie et moi de reprendre la route en direction de Puebla. Nos amis nous ont acheté des bonbons typiques mexicains (rien à voir avec nos jelly beans!). Ils nous offrent aussi leur appartement pour le weekend prochain, et ce, même sils seront à lextérieur de la ville à ce moment. Hector et Elvia sont des anges de générosité et de gentillesse et sont décidément un coup de coeur de notre séjour dans le DF. Nous avons déjà hâte dy retourner, vendredi prochain, pour célébrer lindépendance…

www.couchsurfing.com

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dimanche 2 septembre 2007

Cette fois, cest la faute à MOCTEZUMA...

Tout a commencé vendredi dernier, à la fête de bienvenue des nouveaux étudiants en anthropologie. Attention! Ça na rien à voir avec les initiations des universités montréalaises! Ici, on boit du Coke et de la liqueur aux pommes (servie par le ptit vieux qui fait les photocopies - vous vous souvenez de lui?) et on mange du concombre tranché en écoutant une dizaine détudiants jouer de la mini guitare et chanter. Dépaysement garanti! Puis, la fête se transporte dehors, où un groupe de jeunes assez talentueux nous interprète de la musique reggae, avant de laisser la place à des rappeurs qui nous rappent ça assez intensément merci. Pendant ce temps, votre héroïne préférée se fait littéralement brûler le visage sous un ciel pourtant complètement bouché par les nuages, en faisant la connaissance dau moins la moitié de tous les étudiants du Collège danthropologie! Extrêmement sympathiques, dailleurs, ces futurs anthropologues qui se connaissent tous et semblent sadorer. On me pose incessamment les mêmes questions chaque fois quun nouveau venu se joint à la conversation: est-ce que jaime Puebla? Comment je trouve la BUAP? Quelles langues je parle? Est-ce que jai des frères et soeurs? Puis, cest linterminable énumération des spécialités culinaires "à goûter absolument" et des régions du Mexique à visiter... à les voir sagiter, jen déduis que mon séjour de cinq mois en territoire mexicain devrait être suffisant pour expérimenter un millième de ce quest la culture dans ce pays... Dans cette perspective, je suis bien heureuse de les entendre dire quils vont minviter à chaque feria, festival ou autre évènement auquel ils vont participer... question, tout de même, davoir des anecdotes pour continuer dalimenter mon blog!

De retour chez moi, trop heureuse davoir fait la connaissance de mes charmants compagnons de classe, je philosophe un peu sur cet aspect-là de mon voyage. Je réalise à quel point, dans ma situation, jai besoin des gens. Besoin dêtre entourée, besoin de connaître autant de personnes que possible, besoin de savoir et de sentir que je ne suis pas seule. Sans les autres étrangers en échange, sans les amis que je me suis fait à luniversité et sans mes colocs que jadore, je sais que je ne survivrais pas à ce défi que je me suis lancé. (À propos de mes colocs, nous sommes maintenant cinq à partager lappartement; une Norvégienne, Cecilie, et deux Français, Angéline et Jocelyn, se sont joints à Ana et moi).

Bon. Là, après un mois à vivre à Puebla, je commençais à être gênée davouer aux gens que je navais encore jamais visité Cholula, qui nest pourtant quà une dizaine de kilomètres. Noémie, Cecilie et moi y passons donc la journée de samedi, sous un ciel menaçant qui, allez comprendre, ne fait que me brûler encore plus. Cest le monde à lenvers! Mais avant de continuer, je vous fais un petit topo sur Cholula. Important centre religieux depuis le début de lère chrétienne (aucun lien avec la chrétienté, par contre!), la ville est aujourdhui réputée pour deux choses: la UDLA (une des meilleures universités privées du Mexique, à ce quon dit) et... la fameuse pyramide. Je devrais plutôt écrire les pyramides car, aussi incroyable que ça puisse paraître, sous cette grosse butte gazonnée et irrégulière se cachent pas moins de sept ou huit pyramides! La cerise sur le sundae? (et cest le cas de le dire!): les conquérants espagnols ont bâti, au sommet de la colline, un sanctuaire dédié à la Virgen de los Remedios, sans savoir que dessous se cachaient toutes ces constructions! Un mot sur les pyramides, maintenant: la structure mesurait originellement près de 450 mètres de côté (cest presque un demi kilomètre, ça...), ce qui en fait la plus grande pyramide jamais construite, en fait de superficie! Oui, plus grande que celles dÉgypte! Depuis les années 1920-1930, plus de 8 kilomètres de tunnels ont été creusés pour permettre aux scientifiques de fouiller le site. Aujourdhui, les touristes peuvent parcourir une partie des sombres tunnels et tenter de simaginer ce que les archéologues ressentent en pénétrant ces lieux chargés dhistoire!

Après notre visite du site (qui, malgré tout, ne se compare pas à la splendeur de Tikal ou de Copán!), nous nous attablons dans une cantine devant une spécialité typiquement poblanaise, les chiles en nogada. Ça consiste de piments (les chiles) farcis de viande et de fruits séchés, recouverts dune sauce crémeuse aux noix de Grenoble (la nogada) et parsemés de graines de grenade et de feuilles de coriandre. Le tout porte les couleurs du drapeau national, rouge, blanc et vert. (Ils sont quétaines ces Mexicains!). Bon. Cest joli dans lassiette, mais une fois en bouche, cest tellement inhabituellement sucré comme plat principal que jai de la difficulté à tout manger. Et ça pèse lourd sur lestomac ensuite...

En soirée, nous expérimentons un troisième attrait qui rend Cholula si populaire: ses boîtes de nuit! Vu la quantité détudiants dans les environs (Puebla, à elle seule, doit compter cinq ou six universités), les discothèques ont poussé comme des champignons (trop souvent sur des terres fertiles qui auraient pu servir à lagriculture, malheureusement). La soirée commence au Unit avant de se poursuivre au Tigre, où la grosse musique électronique nous convainc, à 4h30 du matin, daller manger des bons tacos...

Et Moctezuma, dans tout ça? Eh bien, ce cher bonhomme est lun des derniers souverains aztèques à avoir régné sur Tenochtitlán (lactuelle México City), à lépoque où Cortés, le conquérant espagnol, est débarqué dans les parages au XVIe siècle. Moctezuma, pas trop sûr si ce blanc-bec de Cortés était un dieu ou pas (rappelez-vous que cétait la première fois quil voyait un Occidental!), sest fait allègrement berner par ce dernier. Et aujourdhui, la grande majorité des Occidentaux qui visitent le pays attrapent la tourista, ce que les Mexicains ont surnommé... la vengeance de Moctezuma. Le lien avec moi? Eh bien, les tacos dhier mont rendue malade. Moctezuma sest vengé. Voilà. Mais comme ça fait deux fois en deux semaines et que jen ai marre, jai hâte quil commence à sacharner sur une autre victime.

PS: je suis en train de monter des nouveaux albums photos où vous pourrez découvrir mon appart, mes colocs et luniversité... soyez patients, cest pas encore a point mais ça sen vient!

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Avec Noémie et Cecilie!

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jeudi 23 août 2007

Cest la faute a Dean...

Quest-ce que vous diriez dune petite seance de rattrapage?...

Eh bien, tout dabord, jai affronte ladministration scolaire universitaire la semaine derniere... tout dabord, trouver le bureau des Relations internationales dans limmense batiment historique. Ensuite, rester bouche bee devant la salle remplie de bureaux, de secretaires et detudiants etrangers qui parlent tous en meme temps. Cest le bordel. Je navais pas vu autant de gringos depuis le Lac Atitlan, je crois. Finir par trouver le responsable des pays anglophones, lentendre dire quil faudra retourner le lendemain car il na pas recu nos papiers. Nos papiers...

Le lendemain, retourner voir Alvaro, de son ptit nom. Recuperer les fameux papiers. Des lettres dintroduction qui me donneront droit a une carte etudiante, a choisir mes cours et a... (a quoi servait la troisieme lettre, deja?). La lettre originale pour ladministration, les deux copies a faire etamper et a rapporter. Dautres papiers a remplir. Des frais a aller payer a la banque. Voir lavocate de chepakoi pour effectuer les demarches aupres de limmigration mexicaine. Encore des papiers. Lavocate (sur fond de musique reggaeton) me scrute des pieds a la tete pour remplir son formulaire et note la forme de mon menton, mes sourcils epiles, mon gabarit "moyen", la couleur de mes yeux, ma grandeur. Des photocopies de chaque page de mon passeport (en double, sil-vous-plait) a fournir. Des photos qui me donnent lair dune criminelle. Une signature ici, une signature la... faudrait surtout pas que limmigration mexicaine perde ma trace.

Puis, lundi, ca ete le debut des cours. Eh oui! Ma premiere semaine de classe est maintenant derriere moi. Ben, "semaine", cest un grand mot, puisque jai choisi des cours qui se donnent le mardi, le mercredi et le jeudi... donc, conge du vendredi au lundi, inclusivement! Comme dit papa: "Quoi! Mais cest encore des vacances, ca!"... Mais oui... car lidee de cet echange nest pas de crouler sous les devoirs et les examens, mais plutot den arriver a decouvrir le Mexique, aussi!

Ah, mais parlons-en, des cours. Tout dabord, le college danthropologie, qui a demenage ses quartiers dans la Cite Universitaire lannee derniere suite a des magouilles politiques. (Car oui, universite et politique sont tres etroitement entremelees ici a Puebla.) Mais pas en plein milieu de la CU, non... plutot dans un coin, pres de la station service, isole de toutes les autres facultes. Les anthropologues nont-ils pas la reputation detre un peu marginaux?... Les eleves fument dans les corridors et les profs, dans les salles de classe. Bonjour la sante publique. Pas de salle dordinateurs ou dacces a internet. Bibliotheque comprenant tout au plus 200 livres. Pas de moyen de rejoindre les profs en-dehors des heures de cours, pas dadresses email, pas de bureau ou aller les voir. Pas de recueils de textes comme a Montreal. Aucune indication precise a propos de quoi que ce soit. Autrement dit, cest le bordel.

Mardi, premier cours, Mexique contemporain. Je mattendais a un cours danthropologie, cest plutot un cours dhistoire du Mexique au 20e siecle. Le prof saute dune annee a lautre, dune decennie a lautre, dun president a lautre, mais PAS en ordre chronologique. Cest le bordel.

Mardi, deuxieme cours, Parenté et groupes domestiques. Jarrive en retard, mais je finis par comprendre que comme la moitie de la classe a deja fait un cours similaire, le prof doit repenser entierement son programme. Il prend aussi la peine de nous specifier quil ny aura aucun traitement de faveur pour les etudiants etrangers. Sympa, le bonhomme.

Mercredi, troisieme cours, Introduction a lethnohistoire. Ma premiere prof femme. Alors que je croyais assister a la premiere seance du semestre, on mapprend quil sagit de la deuxieme. Tout le monde se connait deja, a deja les textes a lire, a deja lu les textes! Noooon!!! Nous formons des equipes pour discuter de ces fameux textes. Une adorable etudiante du nom de Yolotzin (ou quelque chose comme ca... cest un nom nahual, dun groupe ethnique de la region), avec sa patience dange, lit avec moi une partie du texte et sassure que jen comprends le sens. (Pas evident.) Toute nerveuse a lidee de devoir expliquer une partie des concepts exposes, je me sens soudainement beaucoup mieux quand le debat part apres que la premiere equipe ait presente. Ouf! Je men sauve! Tout le monde parle en meme temps, est daccord, nest pas daccord, ca fait changement des cours dans les amphitheatres de l;UdM. Mais soudain, sans crier gare, la prof se tourne vers moi et me demande quelle est mon opinion sur le texte. "Ce serait interessant de savoir ce que tu en penses puisque tu viens du Canada." Mais madame... je viens darriver... je nai pas lu le texte!!

Jeudi. Je dois lire quelques articles de la Constitution mexicaine de 1917 pour mon cours qui commence a 12h. (Oui, maman. Je suis encore a la derniere minute. Vais-je changer un jour?). Je pars tot de chez moi et me rends dans une bibliotheque de sciences sociales dans le centre. "Avez-vous le livre de la Constitution?" "Non, pour ca, il faudra aller a la bibliotheque de droit." Ok. Je prends le bus, me rends jusqua CU, demande pour la bibliotheque de droit, ne la trouve pas. Je decide daller voir la notre miserable bibli danthropologie. "Avez-vous le livre de la Constitution?" Le temps presse, il est 11h. La preposee, pas pressee du tout, regarde dans son catalogue sur lordinateur, trouve mon livre, il existe, mais il est a la bibliotheque Jose Luis Chepakoi Aguirre. (Ah! Parce quici, les biblis portent le nom de personnes - ce qui signifie, en Amerique latine, deux prenoms et deux noms de famille.) Ca me dit rien, ce nom-la. Elle tente donc de trouver lemplacement de la fameuse bibli en demandant a ses collegues via... MSN! Mais evidemment, personne ne lui repond. Je commence a stresser. Finalement, la reponse vient: cest la bibli dadministration! Me voila donc en route, je cours presque. Arrivee a la fameuse bibliotheque. Je demande de laide a la petite vieille aux grandes lunettes qui, pauvre elle, doit se casser le cou pour regarder lordinateur de recherche qui est trop haut pour elle. Elle prend environ cinq minutes a taper ladresse du site des bibliotheques de luniversite. "Non, non, la page ne saffiche pas!". Cest bien ma chance: le systeme de recherche ne semble pas fonctionner. 11h15. "Si tu veux, tu peux aller chercher par toi-meme, les K, cest par la-bas...". Ok, madame. Je vais dans les K. Droit du travail. Droit de ci, droit de ca. Je tombe finalement sur la Constitution de 1917. ENFIN!! Je retourne voir la dame... pour quelle me dise "Ah mais non, on ne peut pas emprunter les livres, cest pour consulter sur place seulement!". Je suis a un poil de peter les plombs. Il me reste une quinzaine de minutes pour lire (en diagonale!) et retranscrire (illisiblement!) ce qui me semble important des quatre fameux articles de la foutue constitution. Ouf. Lesprit plus tranquille, je retourne en courant a ma faculte, quand tout a coup je realise que je ne suis pas ben ben plus avancee: jai pas compris grand-chose de ma lecture. Zut.

Cest a nouveau Mexique contemporain. Le prof demande "Est-ce que quelquun a lu les articles de la Constitution?". Pas de reponse. Je me suis tape tout ce courraillage pour rien. Ca mapprendra. En revanche, nous voyons en long et en large laccomplissement du president Cárdenas. Jai vraiment, vraiment besoin dun livre en francais. Ca me prend toute la concentration du monde pour ne pas decrocher des paroles du prof. Un point positif, par contre: je comprends enfin le fonctionnement pour les lectures a faire. Le prof confie les precieux textes a un eleve, ensuite toute la classe se rue a la photocopieuse, operée par un charmant ptit vieux, et cest a qui aura ses photocopies le premier. Le bordel, je vous dis.

Et dans tout ca, ya Dean. Vous en avez surement entendu parler plus que moi. Il y a quelques jours, on a eu droit a une fabuleuse tempete de grele, comme je nen ai jamais vu au Quebec. Figurez-vous que jetais en gougounes cette journee-la. Et hier, cetait de la pluie a nen plus finir, des bourrasques epouvantables, un froid de canard. (Oui. Je suis au Mexique, et cest le mois daout.) Cest aussi hier que jai appris que trois etats mexicains, Veracruz, México et... Puebla, sont en alerte rouge pour louragan.  Aujourdhui, heureusement, la temperature est revenue a la normale. Mais je vous dit, tout est de la faute a Dean. Et a tous ceux qui mont dit, avant mon depart, que le climat de Puebla etait tres agreable, eh bien, je me permets de vous signifier mon tres grand desaccord.

Posté par Vicki à 06:41 PM - Commentaires [4] - Permalien [#]